Le taraudage est un usinage par enlèvement de copeaux qui permet la réalisation de filets internes. Il s'agit d'un processus de coupe continu, dans lequel le profil fileté de l'outil est reproduit sur la pièce usinée. En résumé, le taraud est composé d'une entrée et d'une partie cylindrique. Tout enlèvement de matière est assumé par l'entrée alors que la partie cylindrique du taraud sert uniquement de guide.

La figure montre en détails l'entrée du taraud. Le profil du filet à obtenir est réalisé graduellement, c'est-à-dire que chaque dent
constituant l'entrée contribue à l'enlèvement d'une section de copeau jusqu'à la création complète du profil du filet. Par analogie, on
pourrait définir le taraudage comme un procédé de brochage en «rotation».

 

 

Section de copeau Sz générée par des tarauds ayant des longueurs d'entrées différentes. L'entrée plus longue génère des copeaux de section plus fine.

En taraudage, la vitesse de coupe et l'avance ne peuvent être choisis de manière indépendante comme, par exemple, en perçage ou en fraisage. En effet, pour une vitesse de rotation de broche N (vitesse de coupe en tour/min) et pour un pas p donné, correspondent une avance calculée comme suit: f = N x p

Le taraudage peut être effectué avec un mandrin à compensation ou avec un mandrin dit rigide.
Le mandrin compensé permet de contrôler l'avance du taraud, en corrigeant d'éventuelles erreurs de la machine. On
trouve disponible des mandrins à compensation axiale en traction, pour permettre au taraud d'avancer en suivant son propre pas, et/ouà compensation axiale en compression, pour consentir à l'outil des mouvements de retour en cas d'avance trop rapide. Souvent ces mandrins sont dotés d'un limiteur de couple réglable, qui empêche la casse du taraud en cas d'effort de coupe trop grand. Le mandrin pour le taraudage rigide ne donne pas de degré de liberté au taraud, si bien que son avance est donnée par celle de la machine. On parle aussi de taraudage synchrone.
Les nouveaux tarauds de la gamme «S» Vergnano (S15, S70, BS15, BS70), pour taraudage synchrone, ont été conçu pour être
exclusivement utilisés dans ce cas précis, et ont, en outre, une queue cylindrique de tolérance h6, un méplat de serrage ainsi que des dépouilles très élevées pour permettre un usinage à grande vitesse.

Sur la figure ci-dessous sont représentés les diverses phases du processus de taraudage d'un trou borgne. D'abord, le taraud en
rotation se positionne co-axialement à l'avant trou. Puis, avance axialement jusqu'au contact de l'avant trou. Commence ensuite la
phase d'enlèvement de copeau, qui se poursuit jusqu'à la profondeur de taraudage requise. Le cycle continu avec l'inversion du sens de rotation du mandrin qui permet au taraud de se dégager axialement jusqu'à sa sortie du trou fileté.

Le graphe ci-dessous montre la variation du couple d'usinage en fonction des différentes phases du processus. Lorsque le taraud entre en contact avec la matière et commence l'usinage (phase 1 à 2), le couple augmente rapidement jusqu'à un maximum qui est obtenu à la profondeur du filet. Quand le mandrin s'arrête, le couple devient nul (phase 3) et l'inversion peut commencer. Le pic négatif est dû à la coupe du copeau résiduel en fond de filet (phase 4). Le couple se réduit graduellement ensuite pour s'annuler à la sortie du taraud de son trou fileté (phase 4 à 5).

 

 

Les diverses phases de taraudage et l'évolution du couple pendant le cycle.

SERIE DE TARAUDS A MAINS

Les tarauds à mains sont fournis par jeu de deux ou trois pièces.
Le taraud finisseur a le profil complet du filet. Les deux autres tarauds qui constituent la série, appelés «ébaucheur» et «intermédiaire», ont un profil incomplet et une entrée dépouillée plus longue.
Pour pouvoir les reconnaître facilement, l'ébaucheur à un anneau sur sa queue, l'intermédiaire deux et le finisseur n'en a aucun.
Après avoir taraudé avec l'ébaucheur et l'intermédiaire, il est toujours nécessaire de compléter le filetage avec le finisseur.

 
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